Julie Rieg est intervenue le 20 mai 2026 lors de l’Assemblée générale de l’Office de tourisme de la Vallée de Kaysersberg pour proposer une lecture prospective du tourisme à l’horizon 2040.

La conférence invitait les élus, professionnels du tourisme et acteurs du territoire à regarder au-delà des seules évolutions sectorielles. Le tourisme ne se transforme pas uniquement de l’intérieur : il est de plus en plus déstabilisé par les mutations des systèmes dont il dépend — mobilités, climat, énergie, économie, cohésion sociale, santé, numérique. L’enjeu était donc moins de “prédire” le tourisme de demain que d’identifier les signaux déjà présents, les vulnérabilités du modèle actuel et les marges d’action possibles pour le territoire.

À partir d’exemples, de données prospectives et de scénarios d’évolution, l’intervention a abordé plusieurs questions structurantes : comment accueillir dans un contexte de contrainte climatique accrue ? Que devient une destination de vallée lorsque les mobilités longues distances, l’enneigement, les rythmes saisonniers ou les usages numériques deviennent plus incertains ? Comment rester une destination attractive sans accroître les vulnérabilités territoriales ? Et surtout, comment passer d’une posture d’adaptation subie à une capacité collective d’orientation ?

La conférence a également ouvert sur les leviers d’action à l’échelle locale : développer des offres de proximité et bas carbone, penser la Vallée comme une destination fraîcheur, renforcer les complémentarités entre accueil humain et outils numériques, concevoir des lieux d’accueil plus polyvalents, et préparer collectivement des réponses à des situations touristiques plus complexes.

En filigrane, une conviction : quels que soient les scénarios, le tourisme ne s’arrête pas. Il se transforme. La question est donc de savoir comment la Vallée de Kaysersberg souhaite prendre part à cette transformation, en tenant compte des habitants, des écosystèmes naturels, des professionnels et des équilibres territoriaux.